The political agenda of (government) surveys in France and Germany

The research project “The construction of “surveyed public opinion” in France and Germany (CosPo), financed by the ANR (French National Research Agency) for three years is starting in April. It is the upgraded version of the project I presented at the CNRS in 2017 when I was recruited.

Short project summary (cf. ci-dessous pour un résumé en français)

The responsiveness of political actors to citizens’ preferences is a central concern for the understanding of parliamentary democracies. Is public opinion a key determinant of public policy? Are other actors such as political parties, lobbies etc. more powerful? Even though this question concerns a central pillar of modern democracies, contrasting answers coexist in the public debate as well as in the scientific literature. Studying the political agenda of surveyed public opinion CosPo provides a missing piece in the puzzle of research on the interaction between citizens’ preferences and policy making. We will examine the mechanisms that determine why a policy issue is taken up by surveys at a given moment in time, how it is taken up (type of inquiry used, its framing, question wording), who puts it on the agenda, the way policymakers contribute to the choice of survey items and how they access survey-based information. Special attention will be paid to the capacity of underrepresented groups to inform the government about their needs and preferences (via surveyed political opinion). CosPo will thereby address the debate on “unequal voices” by overcoming classical responsiveness studies which tend to treat the population as an organic whole. To this end, we will draw on five innovative strategies: 1) The combination of insights gleaned from the responsiveness literature, the literature on agenda-setting and the critical literature on surveyed public opinion will enable us to develop informed hypotheses about the mechanisms that determine why a policy issue is taken up at a given moment in time. 2) The integration of surveys commissioned by governments in combination with conventional survey data represents an innovative research strategy, as it provides direct information on what the government knows and wants to know about citizens’ preferences. 3) Tracing back the origins of the policy proposals will allow us to identify the factors that favor the uptake of a proposal by survey questions. The process of “constructing public opinion” goes beyond the choice of issues covered by polls; it also includes the way issues are presented through survey questions. By taking up concrete political proposals, survey questions frequently contribute to make certain ideas and political proposals known by the population. CosPo will notably analyse whether the capacity of different groups to introduce such proposals varies regarding to their power and image in the population. 4) Examining the role of political actors in this process will a) shed light on the conditions of the issue selection (Who decides which issues are covered by survey questions and following which criteria?) And b) provide preliminary insights into the intended use of surveyed public opinion by governments. 5) We will contribute to the creation of an interdisciplinary network and a cross-project body of data with the potential of enriching future research on various questions. These five strategies have guided the definition of a comparative, mixed-methods design. The attribution of thematic codes to the survey questions using the Agendas Project coding scheme will enable comparison over time and with other political agendas and will additionally create a completely new indicator mirroring key societal questions. Interviews with government advisors, employees of survey institutes etc. will deliver additional insight into the way policymakers access this information and how this influences their activities. France and Germany offer an intriguing case for comparison as they present common features (their exposure to Europeanization, economic crises etc.) as well as important differences (parliamentary systems (semi-presidential/parliamentary), election systems, centralist versus federal organization and other features such as the possibility of national referenda in France).

La fabrication de l’opinion publique sondagière en France et en Allemagne – CosPo

La réactivité des représentants envers les préférences des citoyens est généralement considérée comme un impératif des démocraties parlementaires. Le climat de l’opinion est-il un paramètre important des choix de politiques publiques, ou bien est-il négligeable par rapport à d’autres facteurs? Malgré l’importance de cette relation pour l’exercice démocratique, des réponses contradictoires coexistent dans le débat public ainsi que dans la littérature scientifique. CosPo propose une étude systématique de l’agenda politique de l’opinion sondagière. Nous étudierons pourquoi un enjeu entre l’agenda des sondages à un moment précis, la manière dont il est repris par les sondages, qui est à l’origine de sa mise sur agenda et la manière dont les dirigeants politiques prennent connaissance des résultats des sondages. Une attention spécifique sera apportée à la capacité des groups sous-représentés d’informer le gouvernement de leurs besoins et préférences (à travers l’opinion sondagière). CosPo contribuera ainsi au débat sur la représentation inégale, en se démarquant des études classiques de la réactivité démocratique qui ont la tendance de traiter la population comme une entité. Pour atteindre cet objectif, nous mettrons en place cinq stratégies de recherche innovantes : 1) La combinaison des connaissances de la littérature sur la mise sur agenda des enjeux politiques, sur la réactivité démocratique et de la littérature critique sur les sondages permettra de développer des hypothèses sur les mécanismes qui déterminent le fait qu’un enjeu entre l’agenda des sondages à un moment donné. 2) L’intégration des sondages commandés par les gouvernements dans l’étude, en plus des sondages classiques, représente une stratégie de recherche innovante. Ils constituent un moyen direct d’observer ce que le commanditaire sait et veut savoir sur les préférences des citoyens. 3) Une étude méticuleuse (à l’aide de la méthode du process-tracing) permettra d’identifier les origines des propositions politiques présentes dans les questions de sondage. Il nous intéresse tout particulièrement de savoir si la capacité de différents groupes de la société d’introduire de telles propositions varie selon leur pouvoir et leur image dans la société. 4) Étudier le rôle des acteurs dans la fabrication de l’opinion sondagière permettra a) de lever le voile sur les conditions de sélection des enjeux couverts par les sondages et b) livrer des éléments de compréhension sur la manière dont les informations obtenues à travers ces sondages sont réceptionnées. 5) Nous contribuerons en même temps à la création d’un réseau interdisciplinaire ainsi que d’un corpus transversal de données quantitatives et qualitatives entre plusieurs projets de recherche. L’attribution des codes thématiques permettra la comparaison dans le temps et entre différents agendas, créant en même temps un indicateur inédit des grandes questions de société. Des entretiens avec des conseillers de gouvernement, des employés d’instituts de sondage, des représentants des Services d’Information des deux gouvernements, etc. apporteront un éclairage supplémentaire sur la manière dont les acteurs de la politique publique traitent ces informations et comment celles-ci influencent leurs activités. La France et l’Allemagne offrent un terrain d’étude privilégié pour penser la question de la fabrication de l’opinion publique. Tout en étant confrontés à des influences communes (comme l’intégration européenne, la crise économique, etc.) ces deux pays présentent des différences institutionnelles (comme leur caractère fédéral ou centraliste), susceptibles d’influencer la place qu’occupe l’opinion publique sondagière dans les deux pays. Cette étude approfondie permettra ainsi de mieux comprendre la manière dont fonctionne la démocratie en France et en Allemagne et contribuera également à surmonter des défis importants en lien avec l’étude de l’interaction entre opinion publique et politique publique.